Journée mondiale du livre et du droit d'auteur

 A l'occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, les bibliothécaires de la BDS vous présentent leurs derniers coups de coeur littéraires :
 

OPAC Détail de noticeLaissez-moi tranquille...
Bernstein, Galia (Illustrateur) / Nathan
Leyla a deux parents, neuf tantes et vingt-trois cousins. Ils sont bruyants, agités et veulent toujours lui faire des câlins. Impossible de Faire la sieste en paix ! Alors un jour, Leyla s'en va, à la recherche d'un peu de tranquillité. En chemin, elle croise un drôle de lézard, qui va lui apprendre à s'apaiser et à trouver sa place.
Voici un album sur les bienfaits de la solitude et du calme. Avec douceur, l'autrice parvient à montrer aux plus jeunes qu'il est possible de trouver un peu de sérénité et ce même au sein d'un groupe. A méditer !

OPAC Détail de noticeAvec toi
Hifumiyo, Miyoko (Illustrateur) Delabroy-Allard, Pauline (Auteur)
Un album tendre sur la relation entre une mère et sa fille. Page de gauche, la journée de la maman et en miroir sur la page de droite, celle de la fillette. Les illustrations sérigraphiées de Hifumyio apportent de la rondeur et de la douceur aux instantanés du quotidien. Un album à partager et à lire ensemble.

OPAC Détail de noticeForêt des frères
Yukiko Noritake .- Actes sud junior, 2020
« Etre ici, juste bien »  « Penser à la suite »
Un magnifique album au texte et images épurés sur le thème du choix de vie et plus largement d’un choix de société.Grave et optimiste à la fois car bien heureusement nous ne sommes pas tous faits du même bois et ne faisons pas tous les mêmes choix…A lire, à regarder et à réfléchir à tout âge !

OPAC Détail de noticeGuide de survie dans la jungle
Hao Shuo - éd 2024
Une grosse créature verte ramasse un livre qui va s'avérer très utile pour se promener dans la jungle.
Au-delà des nombreuses péripéties, cet album sans texte à la couverture rugueuse, rend un bel hommage à la capacité du livre d'accompagner chaque jour de l'existence.
Joyeusement surprenant !
 
OPAC Détail de noticeMétamorphose
Kaori Tsurutani - éd Ki-oon
Voilà un manga qui sort des sentiers battus en proposant une histoire entre une vieille dame qui enseigne la calligraphie et une adolescente introvertie, libraire après les cours. Entre ces deux là, une passion commune : le manga et surtout un genre précis le Yaoi (genre qui traite de l'homosexualité).
Une véritable amitié va naître de cette rencontre.
Grâce au trait de crayon tout en finesse, une tendresse tangible se dégage des personnages. Touchant !
  

OPAC Détail de noticeEntre fauves
Colin Niel .- Rouergue, 2020 (Noir)
«  Franchement, moi, j’ai honte de faire partie de l’espèce humaine. Ce que j’aurais voulu, c’est être un oiseau de proie, les ailes démesurées, voler au-dessus de ce monde avec l’indifférence des puissants... »
Martin, garde dans le parc national des Pyrénées, Appoline, jeune chasseuse de fauves issue d’un milieu aisé, Kondjima jeune Himba de Namibie et le lion sont les quatre protagonistes de ce roman choral où l’on passe de la France à la Namibie et de l’avant à l’après d’une scène finale pleine de tension et de suspense.
Le départ de cette histoire est la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photo d’Appoline posant avec le lion qu’elle vient d’abattre. Il n’en faut pas plus à Martin, déjà perturbé par la disparition de Canneltito le dernier ours des pyrénéens pour se lancer dans la traque de cette jeune femme qui représente ce qu’il déteste.
Quatre destins imprévisibles au cœur des passions humaines, être proie et chasseur à la fois… tout un univers foisonnant sur fond de préservation de la nature et des espèces mais qui laisse à réfléchir sur la propension à sombrer dans la radicalité.
Colin Niel est un auteur de la littérature noire qui a plus d’une corde à son arc...

OPAC Détail de noticeUne vie et des poussières
Vélérie Clo
Parce qu'elle a "quelques oublis" Mathilde est placée en Ehpad. Une aide soignante avec qui elle s'est liée d'amitié lui offre un journal. Mathilde va y partager son quotidien et celui des des autres pensionnaires. Elle revient également sur son enfance pendant la guerre, sa vie de femme et de mère. Ses mots ont une teinte de nostalgie mais ne sombrent pas dans la tristesse. Ils sont plein d'émotions, de sourires et d'amour. Ce sont des petits chapitres de vie, très fluides qui se lisent rapidement.
"Mon corps a vieilli mais mon coeur a gardé le goût de l'amour et des grands sentiments.... Il ne me faut pas grand chose, une musique, une image dans un film, un regard pour faire chavirer mon coeur. J'ai beau avoir quatre-vingt-quatre ans et être raisonnable, mon âme, c'est idiot, elle, a toujours vingt ans...."

OPAC Détail de noticeL’empire du bien : il est urgent de le saboter
Philippe Murray .- Perrin 2019
Paru à la fin du 20ème siècle, cet essai de Philippe Murray reste terriblement d’actualité.
Difficile d’en faire le portrait en quelques lignes, le plus simple étant, d’en prendre un extrait qui résume à lui seul le propos de l’auteur :
« A chaque siècle son Tartuffe. Le nôtre a un petit peu changé. Il s’est élargi, étoffé. Il est membre fondateur de plusieurs SOS machin, il a fait les Mines ou l’ ENA, il vote socialiste modéré, ou encore progressiste-sceptique, ou centriste du troisième type […] le nihilisme jadis s’est porté rouge-noir ; il est rose layette à présent, pastel baveur et cœur d’or, tarots new age, yaourts au bifidus, karma, mueslis, développement des énergies positives, astrologie, occulto cocooning. »
Le ton est posé.
Voilà la bien-pensance rhabillée pour l’hiver.
Murray y voit l’illustration d’une hypocrisie collective, et il faut bien avouer que ses arguments et sa verve font mouche.
Ce livre est à lire de toute urgence ou à jeter au bûcher , mais il ne laisse pas indifférent.
A vous de choisir !

OPAC Détail de noticeSous le compost
Nicolas Maleski . - Ed Harper Collins poche, 2020
Franck, écrivain « raté » comme le dit l’expression élève ses trois filles comme un vrai papa poule tandis que Gisèle, sa femme, exerce la profession de vétérinaire.
La vie de cette petite famille s’écoule paisiblement au rythme de l’homme au foyer de base pour Franck et d’une femme très active professionnellement pour Valérie. Franck, peu porté sur les relations humaines se complaît dans ce fonctionnement, passant la majeure partie de son temps dans son jardin potager (il rêve à une forme d’autonomie vivrière) et buvant ça et la quelques bières avec deux copains qui font du vélo et se réconfortent au bar après l’effort matinal.
Et puis un beau jour Franck trouve une lettre anonyme rapportant l’infidélité de son épouse. Cette dernière entretiendrait une relation avec son associé Carlos. D’abord perplexe Franck doit se résoudre à admettre la situation quand Valérie, l’épouse de Carlos lui expose la situation (les deux couples sont « amis ».
Après l’avoir soupçonnée d’être à l’origine de cette lettre, Franck empli d’une énergie nouvelle décide de réagir en séduisant Valérie, et cette dernière ne tarde pas à céder au charme déroutant du jardinier débonnaire !
Voilà un été qui s’annonce plein de rebondissements !
Délicieusement immoral et enlevé, ce roman se lit très facilement, l’écriture de Nicolas Maleski est fluide et le propos insolent, de quoi passer un bon moment, le sourire au coin des lèvres.

OPAC Détail de noticeLe roi disait que j’étais diable
Clara Dupond-Monod
« Le Roi disait que j’étais diable », telle est la formule empruntée à l’évêque de Tournai pour le titre de ce roman, qui imagine, tout en respectant la trame historique, quelle aurait pu être la vie d’Aliénor d’Aquitaine aux côtés de son premier époux Louis VII.
Aliénor n’a que treize ans lorsqu’elle devient reine de France, et son mariage durera quinze ans. Elle quitte alors son Aquitaine solaire et sa cour de troubadours cultivée et joyeuse, pour gagner un Paris grouillant, sale, et un palais triste et froid :
« Le monde a la forme d’une fenêtre découpée dans une pierre épaisse. Je pourrai y rester toute la journée. J’y oublie la nostalgie de mon pays, ce palais sinistre et ce mari roi de France, roi de l’ennui. »
Au cours de ces années, Aliénor va se construire, entre ennui et impatience, aux côtés d’un époux très épris mais trop sérieux. La deuxième croisade en Orient va lui apporter l’aventure et le soleil qui lui manquaient tant, mais scellera aussi le crépuscule de son premier mariage.
Dans ce roman, l’autrice donne tour à tour la parole à Aliénor et son époux (intercalée en italique), imprimant ainsi un rythme qui tient en haleine le lecteur. Le parti pris assumé d’un ton et d’une psychologie résolument contemporains peuvent paraître anachroniques, mais rendent les personnages vivants et soulignent avec finesse les tempéraments diamétralement opposés des époux. La voix de Raymond de Poitiers, l’oncle d’Aliénor, vient clore le livre en apportant un éclairage différent sur la désastreuse deuxième croisade, la fin d’un couple et le début d’un autre.
« Qu’il plaise à Dieu que la nuit s’éternise,
Que mon ami ne s’éloigne de moi
Que le guetteur ne voie poindre le jour.
Mon Dieu, Mon Dieu, comme l’aube vient tôt ! »
Ce roman flamboyant se termine ainsi, mais l’on retrouvera Aliénor sous la plume de Clara Dupond-Monod, racontée cette fois-ci par son fils Richard Cœur de Lion qui narre la vengeance de sa mère contre son second époux Henri Plantagenêt (La révolte, Clara Dupond-Monod, Stock, 2018).

OPAC Détail de noticeDix-sept ans
Colombe Schneck
Dans ce court récit autobiographique, Colombe Schneck aborde le sujet intime et complexe de l’avortement.
L’autrice revient sur le printemps de ses dix-sept ans. Elle est alors une jeune fille libre, insouciante, qui prépare son bac. Elle a un amant, tombe enceinte et fait le choix d’avorter. Ses parents médecins sont très compréhensifs. Ils ne la culpabilisent pas, l’intervention se passe bien et la vie continue. Cependant il lui faudra trente ans pour qu’elle parvienne à en parler :
« Ni ma famille, ni mes plus proches amis ne savent ce qui m’est arrivé au printemps 1984. Honte, gêne, tristesse… je n’ai jamais raconté comment, par accident, je suis entrée dans le monde des adultes. »
Le style est sobre et concis, presque factuel, mais nous touche profondément. Ce témoignage nous rappelle, à l’heure où certaines législations sur l’IVG tendent à se durcir, que l’avortement n’est jamais un évènement anodin dans la vie d’une femme et a des répercussions psychologiques profondes. L’avortement va être un tournant dans la vie de Colombe Schneck ; après l’insouciance de la jeunesse suivent le silence, l’absence et la tristesse :
« Sans m’avertir, tu frappes à ma porte. Je ne veux pas entendre. Je ne me sens pas coupable, juste un peu triste.
Nous grandissons ensemble. Tu sembles te détacher de moi. Je ne te présenterai pas ton petit frère. Un bébé parfait, qui ne pleure presque jamais, rit tout le temps, a les yeux bleus
. »
C’est néanmoins cet évènement déterminant qui a contribué à faire d’elle une femme libre et une mère épanouie :
« Je peux l’écrire, désormais, ton absence m’accompagne depuis trente ans.
Ton absence m’a permis d’être la femme libre que je suis aujourd’hui.
 »
Ce récit poignant interpelle et marque durablement les esprits. Il nous rappelle avec force que si l’avortement doit demeurer un droit fondamental, c’est toujours une épreuve dans la vie d’une femme.

OPAC Détail de noticeLe pansement Schubert
Claire Oppert

Le récit de Claire Oppert est bouleversant, car il témoigne de la place cruciale de l’Art dans nos vies. Alors que nous traversons une crise sans précédent, où la culture n’est pas considérée comme « essentielle » et la communication interpersonnelle mise à mal, elle donne la preuve que son art peut relier les êtres et faire appel à la part vivante et intacte en chacun de nous.
Née dans une famille de médecins et d’artistes, Claire Oppert est diplômée du conservatoire Tchaïkovski de Moscou, titulaire d’une licence de philosophie et d’un diplôme universitaire d’art-thérapie.
Loin d'une carrière en musique de chambre, son intuition la guide d’abord vers les hôpitaux, auprès des jeunes autistes, puis auprès des malades et des patients en fin de vie. Elle découvre alors un continent encore largement inexploré de la science : la musicothérapie.
Jusqu'à ce jour de 2012, où elle croise le chemin d'une patiente en souffrance, en plein soin médical. D'instinct, Claire Oppert entame le Trio n°100 de Schubert. La patiente s'apaise, sa douleur décroit. C'est le début du "pansement Schubert", protocole expérimental mené sur plusieurs mois, 120 soins réalisés en compagnie de l'instrument, à la rencontre de l’Autre et de son humanité profonde.
« Le pansement Schubert n'élimine pas toutes les douleurs, c'est un complément dans une équipe pluridisciplinaire qui s'adresse dans l'être à la personne non malade, la personne vivante non touchée par la pathologie. C'est très lumineux, car la musicienne thérapeute comme on dit s'adresse à une partie de l'être qui n'est pas malade, et ce, depuis les débuts de l'humanité. »

OPAC Détail de noticeALABAMA 1963
Ludovic Manchette et Christian Niemiec

Pas de mystère, le titre annonce la couleur : nous sommes en Alabama en 1963 ! le cadavre d'une petite fille est retrouvé quelques jours après sa disparition. Les parents font appel à la police locale, que l'affaire intéresse peu. En effet, la petite victime est noire ! Ils réussissent alors à convaincre un détective privé, Bud, de mener l’enquête. Seulement voilà, le détective en question est une caricature d'enquêteur, alcoolique, vivant dans une bauge et passant le clair de son temps au bar voisin. C'est une blague d'un de ses compagnons de beuverie, flic, qui sera à l'origine de la rencontre avec Adela, qui vend ses services de femme de ménage à de riches blanches.
Écrit à quatre mains, ce roman, plus qu’une enquête policière, offre une peinture réaliste et passionnante de l'Amérique ségrégationniste. Avec une écriture concise, des dialogues savoureux, un certain humour et des personnages hauts en couleurs, ALABAMA 1963 se révèle un roman fort et émouvant.
On adore aussi les personnages secondaires, les copines d'Adela avec leurs remarques ironiques à l'égard des blancs, et qui montrent bien que les blagues racistes fonctionnent aussi dans l'autre sens : les imbéciles sont répartis sans distinction de couleur !
« J'en ai une bonne sur les nègres. C'est des parents qui trouvent une machine à blanchir. Alors vous pensez bien qu'ils veulent l'essayer tout de suite ! Le père rentre dedans, et putain, il ressort tout blanc ! Après, c'est au tour de la mère. Pareil, elle ressort toute blanche ! Après, c'est au tour du gamin mais il veut pas. Ils ont beau insister, le gosse veut pas et court se planquer. Les parents le cherchent dans toute la baraque et, au bout d'un moment, le père se tourne vers sa bonne femme et il lui dit : "Bon Dieu, ça fait pas dix minutes qu'on est blancs et on est déjà emmerdés par un nègre ! »

 

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